L’organisation du bagne Poulo Condore


Poulo Condore
Le pénitencier était moins dur que le bagne guyanais. A preuve, les “durs à cuire“, que Poulo Condore ne pouvait mater, étaient dirigés vers Cayenne où l’on se chargeait de les mettre au pas.

Mais, a contrario, le bagne cochinchinois n’était pas « le bagne à la noix de coco » .
La discipline variait avec les directeurs.

Et puis, les bagnards n’étaient pas tous soumis au même régime.

Selon le forfait qu’ils avaient commis, ils étaient dirigés vers l’une des trois sections du pénitencier, les bagnes 1, 2 et 3.

Le bagne 1, situé au cœur du village, abritait les droits communs, en général des assassins, des pirates et des rois de l’évasion, ayant pour seul viatique un casier judiciaire lourdement chargé.

Regard farouche, crâne rasé et corps tatoué de dragons, de phénix ou encore d’idéogrammes chinois, ces détenus étaient répartis dans de grandes cellules communautaires avec bat-flanc en béton et barre de justice en fer, qui, la nuit, enserrait leurs chevilles.

Dans la journée, ils cassaient des coraux pour construire des routes ou bien ils les brûlaient dans des fours à chaux, pour en extraire un calcium de première qualité.

Le bagne 2, à proximité du 1, était plus cérébral.

Il recevait les détenus politiques, dont la plupart étaient des étudiants luttant pour l’indépendance.

Ici aucun danger pour les matons de se faire assommer par derrière, comme chez les droits communs. Toujours très soignés de leur personne, ne fumant pas et ne jouant pas aux jeux d’argent, ces détenus passaient leurs journées à potasser les œuvres de Lénine et de Karl Marx.
Cependant l’ennui était le plus fort et beaucoup demandaient à travailler.
Alors, on les occupait à faire des filets, des cordes, des vêtements, des objets en écaille de tortue, des ustensiles de cuisine en fer blanc, bref n’importe quoi pourvu que cela les aide à chasser leur cafard.

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Cochinchine - Poulo Condore
L’arrosage au jardin
#61

Tout différent était le bagne 3.

Situé à la sortie du village, il recevait les fortes têtes, emprisonnées pour tentative d’évasion, assassinat de gardiens ou de co-détenus. Maintenus les fers aux pieds, souvent par deux ou trois, dans des cachots exigus au plafond grillagé, les terribles “cages à tigre”, ils n’avaient rien d’autre à faire que d’attendre des jours meilleurs.

Mais il y avait pire : la décortiquerie, un petit bagne dans le grand bagne, la terreur de tous les forçats, qu’ils appelaient le “deuxième enfer”.
Dans un hangar sombre où n’arrivait jamais le soleil, une centaine d’hommes presque nus, couverts de sueur, faisaient tourner, dans un nuage de son et de poussière, des machines rustiques pour séparer les grains de paddy de leur balle.

« On aurait dit des esclaves barbares tournant les moulins à huile des Romains, tels qu’on les voit dans les livres d’histoire antique », rapporte J.C. Demariaux. On trouvait là l’aristocratie du royaume de la canaille, les caïds, que le cachot n’avait pu corriger.

D’aprés : http://archive.today/xim9K#selection-1117.0-1365.1


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