Haïkus, Nature originelle

Certains paysages de Michael Kenna traduisent une profonde révérence pour les éléments constitutifs de la Terre : aquatique, minéral, végétal. Cette nature originelle, vierge de toute présence humaine, règne en maître dans le cadre de la photographie. Océans, montagnes et arbres n’y sont pas tant les éléments d’un paysage que les protagonistes d’une scène naturelle. Ces sujets connaissent aussi une grande fortune dans l’histoire des arts chinois, coréens et japonais, où le paysage est le plus souvent habité par des hommes, des bêtes ou des créatures mythiques. Si les scènes naturelles de Michael Kenna évoquent les œuvres traditionnelles de l’Asie orientale (peinture à I’ encre, céramique ou estampe), elles s’en distinguent néanmoins par l’absence d’êtres vivants et l’usage de techniques proprement photographiques. Tel est le cas, par exemple, du temps de pose long, qui permet d’enregistrer tous les mouvements sur Ia pellicule et transforme nuages et flots en nappes de brume surréalistes.

Océan primordial
Dans les photographies de Michael Kenna, la mer ne dialogue souvent qu’avec le rivage et les cieux. Cette vision évoque l’océan primordial de la cosmogonie hindoue mais aussi les flots qui servent d’arrière-plan au vol du dragon en Asie orientale. Le mouvement des eaux et des nuages est plus une opportunité créative qu’un défi technique pour le photographe, qui en choisit l’apparence finale par la longueur des temps de pose, allant de l’instantané (mouvement figé) à plusieurs heures (mouvement enregistré).

Mer d'Andaman, étude 4 Phuket, Thaïlande, 2019 #5776
Mer d’Andaman, étude 4
Phuket, Thaïlande, 2019
#5776
Michael Kenna

Début 1er
Précédent
Suivant

Musée national des arts asiatiques
Commissariat de l’exposition
Edouard de Saint-Ours, Conservateur des collections photographiques, musée Guimet
A suivre, Guide de visite