Haïkus, Habiter le monde
Habiter le monde
On serait bien en peine d’identifier des personnes dans les photographies de Michael Kenna. L’humain tient pourtant une place centrale dans son œuvre via les traces de ses activités laissées dans le paysage. Le photographe représente ainsi différentes manières d’habiter le monde, qui vont d’une présence discrète en harmonie avec la nature à un envahissement total de l’espace, en passant par la pratique spirituelle.
Les activités humaines occupent une place importante dans l’iconographie des arts asiatiques. Au Japon, tandis que les estampes de la mouvance ukiyo-e (17’-19" siècle) font la chronique de la vie sociale, culturelle et économique des centres urbains, les arts décoratifs comme le maki-e (laque et poudres métalliques) proposent une évocation plus poétique et indirecte des occupations humaines. Enfin, aux traces de la piété photographiées par Michael Kenna répond, dans les arts religieux de l’Asie hindoue et bouddhiste, la gestuelle codifiée et rassurante des divinités.
Coexistence
L’interaction entre les humains et leur environnement constitue un sujet de prédilection pour Michael Kenna. Les structures artificielles disposées dans le paysage sont pour lui autant de scènes de théâtre avant ou après une performance, capables de stimuler soit l’imagination soit la mémoire du spectateur, Cette évocation du hors-champ spatial et temporel de l’œuvre, ce que Michael Kenna appelle « la présence de I ‘absence », est fréquente dans I ‘iconographie des arts décoratifs japonais.

Myamar, 2019
#5779
Musée national des arts asiatiques
Commissariat de l’exposition
Edouard de Saint-Ours, Conservateur des collections photographiques, musée Guimet
A suivre, Guide de visite
