Cette carte évoque Georges Barbat, son habitation et ses compagnons de chasse chez les Penons. Pour bien la comprendre, trois questions se posent :
Qui était Georges Barbat ?
Quelle était cette chasse dans les contreforts de la cordillère Annamitique ?
Qui sont ces Penons, que Georges Barbat appelle ainsi ?
Cambodge - Mon habitations et mes compagnons chez les Penons Barbat - @9060 #6707
Barbat
Georges Barbat est un homme dont l’existence même semble tout droit sortie d’un roman d’aventures colonial. Chasseur professionnel, compagnon d’explorateurs ou de colons en quête de sensations fortes, il s’est spécialisé dans la traque du gros gibier – éléphants, gaurs, buffles sauvages, tigres – au cœur des forêts impénétrables de l’Indochine. Rabatteur aguerri, il savait reconnaître les traces les plus infimes et maîtrisait les techniques de chasse en milieu hostile comme personne. Grâce à ses compétences exceptionnelles et à un matériel de qualité, il est devenu l’un des chasseurs les plus respectés de la région, au point que même les tribus montagnardes, comme les Moï des contreforts de la cordillère Annamitique et du Laos, le reconnaissaient comme un pair. Pour ces peuples, la chasse n’était pas un loisir, mais une nécessité vitale, et Barbat, lui, en avait fait un art.
Georges Barbat
Mais cette chasse au gros gibier ne fascinait pas que les autochtones. Elle était une passion dévorante pour tous les colons français, ces métropolitains en mal d’exotisme, ainsi que pour les explorateurs se targuant de dompter l’Asie sauvage. Qui, en effet, pouvait se vanter d’avoir abattu un éléphant, un tigre ou un buffle de plusieurs centaines de kilos ? Une telle prouesse exigeait bien plus que de la chance : il fallait connaître les lieux comme sa poche, repérer les territoires de passage des bêtes et anticiper leurs réactions avec une précision chirurgicale. En Indochine, on ne s’improvisait pas chasseur de gros gibier.
Et puis, il y a les Penons, ce peuple que Georges Barbat a côtoyé et qu’il appelle ainsi sur cette carte. Les Penons – ou Pnong, ou encore Bunong sont un peuple autochtone vivant dans les montagnes du Cambodge, plus précisément dans les provinces de Kratie et Stung Treng. Leur nom, écrit « Penong », n’est autre que la retranscription phonétique de leur appellation originale, telle que prononcée par les Khmers puis comprise et reprise par les Français. Ils ne parlent pas le khmer et pratiquent une religion animiste, où la nature forêts, rivières, animaux est peuplée d’esprits à apaiser.
Penons chasseur
Penons
Ainsi, cette carte ne se contente pas de montrer un lieu : elle raconte l’histoire d’un homme, d’une passion et d’un peuple, tous liés par la forêt et ses mystères.
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