Cette publication marque un tournant pour Cartacaro.
Au fil de mes recherches, les photographes sont devenus de plus en plus présents. C’est dans cette direction que Cartacaro va désormais poursuivre son chemin.
Le 8 décembre, Paul écrit à sa bien-aimée sur une carte postale et lui présente ses meilleurs vœux pour l’année 1905 qui approche.
Il se trouve alors à Bao Lạc, dans le nord-est de l’Indochine, à la frontière avec la Chine. Son message laisse penser qu’il espère rentrer prochainement : « En attendant de pouvoir demeurer ensemble… », écrit-il notamment.
La vue est éditée par Ernest Crebessac, libraire, qui produisait très probablement en France des cartes postales à partir de photographies prises sur place.

Mais qui était le photographe ?
Il pourrait s’agir d’un opérateur vietnamien ou chinois travaillant pour Crebessac, ou encore d’un militaire amateur souhaitant gagner quelques piastres en revendant ses clichés à l’éditeur.
Nous savons qu’un autre éditeur, J. H. Schneider, fonctionnait de cette manière. Imprimeur de métier, il réalisait ses cartes postales sur place à partir de photographies fournies par divers opérateurs. Il publiait même des annonces pour solliciter des vues, en promettant une rémunération aux photographes.
Si Schneider utilisait ce système, il est raisonnable de supposer que Crebessac pouvait, lui aussi, se procurer des photographies auprès d’opérateurs locaux. Cependant, en l’absence de preuves écrites, cela reste une hypothèse.
Revenons à la vue.
En 1906, l’empereur Thành Thái effectua un séjour à Hanoï, où il fut accueilli avec tous les honneurs dus à son rang. Son cortège royal était attendu avec impatience par la population. Dans chaque village traversé, des délégations se formaient pour lui rendre hommage, identifiables grâce aux couleurs de leur village, portées sur des flammes ou des drapeaux.
Aujourd’hui encore, ce besoin d’afficher son appartenance à un groupe ou de soutenir une équipe persiste : on achète un maillot, on y fait broder le nom de son footballeur préféré, voire son propre nom.
À l’époque, on n’arborait pas encore de maillot… on brandissait un drapeau.

Nota
Thành Thái a bien voyagé à Hanoï en 1906, avant sa destitution et son exil en 1907. Certaines sources évoquent aussi des apparitions publiques jusqu’en 1909, lors de cérémonies symboliques.
La carte postale pourrait donc illustrer :
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Cette publication marque un tournant pour Cartacaro.
Au fil de mes recherches, les photographes sont devenus de plus en plus présents. C’est dans cette direction que Cartacaro va désormais poursuivre son chemin.
Chaque jour, des cartes postales disparaissent : oubliées, jetées, ou détruites par le temps ou les héritiers.
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Vous les attendiez… Les voici !
Les clichés oubliés du capitaine Péri sur la bataille du Yen Thé (1909) sont en ligne. 80+ images à ne pas rater
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Un voyage marqué par la diversité des paysages et des ambiances.