Tonkin, 1950
Sur les champs, le soc de la herse retourne la terre, prêt à semer les grains de riz de la nouvelle saison. Dans le vent, un murmure : "L’indépendance est-elle arrivée, ou est-ce encore trop tôt, déjà trop tard ?" À l’horizon, l’ombre du vieux drapeau s’estompe, laissant place à des questions sans réponse.
Bắc Kỳ, 1950
Trên đồng, lưỡi herse cày xới đất, chuẩn bị gieo những hạt lúa mùa mới. Trong gió, tiếng thì thầm : “Độc lập đã đến, hay còn quá sớm, quá muộn ?” Phía chân trời, bóng cờ cũ nhạt dần, nhường chỗ cho những câu hỏi chưa có lời đáp…
Toujours plus ...
1950, "Hạt lúa và bóng cờ" - "Le grain de riz et l’ombre du drapeau" 1950, Saïgon éternelle "Au Continental, à la table des sénateurs à laquelle avait succédé celle d’Oscar Berquet aux premières années du siècle, et celles des vingt-deux, siégeaient désormais les Corses, les vieux amis de mon père, anciens coloniaux comme lui. Qu’ils se tiennent à l’intérieur de l’hôtel en bordure du jardin ou sur le trottoir, à la pointe de l’angle constitué par la rue Catinat et la place du Théâtre, ils se réunissaient chaque jour, aux heures de l’apéritif et dans le parfum du pastis retrouvé. Fonctionnaires ou magistrats paisibles, ils continuaient à s’exprimer en patois. C’était leur manière (…)
1950, Marchandes de Fleurs Saigon, 1950. Sous le soleil déjà chaud, deux femmes en áo dài hésitent devant un étal de fleurs : roses pâles ou œillets écarlates ? Autour d’elles, les cyclos stationnent, prêts à emporter les achats des clientes. Le marché grouille, bercé par les rires, les négociations et le parfum enivrant des bouquets fraîchement coupés.
Hanoi, 1950. À l’approche du Tết, les rues s’animent du commerce des arbustes en boutons : pêchers en fleurs, kumquats prometteurs de chance.Haïkus, Dévotion et Occupation Dévotion
Les photographies réalisées par Michael Kenna dans les temples et les sanctuaires de l’Asie mettent en scène la dévotion des femmes et des hommes, qui se lit tant dans l’architecture que dans les traces des gestes de la piété. Ce sujet est particulièrement cher au photographe, qui a par ailleurs décrit la prise de vue et le tirage comme des activités méditatives, ses photographies comme des prières, et son vocabulaire formel comme le fruit d’une compréhension spirituelle de l’existence.
Occupation
S’il travaille le plus souvent dans des lieux paisibles et silencieux, (…)1950, Cap saint Jacques Cap Saint-Jacques, années 1950. Plage déserte, sable blanc et vent léger sur la pointe O Quan
Depuis la baie, la presqu’île de Cap Saint-Jacques se dessine à l’horizon, ombres douces des collines et courbe de sable fin. L’air est chargé de sel et de souvenirs d’Indochine.
La plage, les baigneurs profitent de l’eau claire, tandis que les promeneurs flânent tranquillement sur le sable. Le calme règne sous le soleil de l’après-midi1950, Bonzes à Phnom Penh Hoa Qui maitre photographe. Mais pourquoi Hoa Qui
Les Vietnamiens lui donnent le surnom de « Hoa Qui ». Selon les intonations, ce mot peut avoir plusieurs sens, mais il désigne généralement quelqu’un de très curieux, qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, un peu comme un « génie de l’indiscrétion ». Pour un photographe, ce surnom n’est finalement pas si malveillant !